
Un exceptionnel cycle de conférences publiques commémorant les 500 ans de la reconstruction du clocher de la cathédrale de Rodez en 1526
Avec le précieux soutien de Rodez-Agglomération et le concours des services de l’Etat (Préfecture de l’Aveyron, DRAC Occitanie), la Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron et l’association des Amis de la cathédrale de Rodez, en partenariat, pour la manifestation du 10 avril, avec l’Association Artistique et culturelle de Conques (Centre européen) et le Centre de documentation historique de Conques, organisent un cycle de sept conférences publiques, à l’occasion des 500 ans de la reconstruction du clocher de la cathédrale de Rodez. Elles auront lieu à 20h30, à l’auditorium de Rodez-Agglomération, 17 rue Aristide-Briand, à Rodez.
L’accès en est libre et gratuit, dans la mesure des places disponibles.
Autant de rendez-vous à cocher sur vos agendas !
Vendredi 27 mars : Matthieu DESACHY, directeur de la Direction de la lecture publique, du patrimoine écrit et des archives d’Aix-en-Provence : Le buisson ardent. Méditation sur les incendies de cathédrales
Qui ne s’est pas ému devant l’ascension des flammes lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris ?
Le monde entier a alors connu le même effroi que celui que les Ruthénois ont vécu un autre soir d’avril 1510, quelque cinq siècles plus tôt, au pied de leur clocher. Après le désastre, les Rouergats ont élevé un bijou de la Renaissance quand les Parisiens ont reconstruit une flèche en simili gothique.
La conférence se propose de penser, avec les historiens, le rôle du feu dans la longue histoire artistique des cathédrales, voire de le méditer avec les poètes. Et de découvrir que, par la force des brasiers, il n’existe pas de cathédrale multicentenaire aux voûtes épargnées par les volutes des fumées.
Vendredi 10 avril : Nicole LEMAITRE, professeur émérite d’histoire moderne, Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne : Mgr François d’Estaing (1462-1529), un évêque réformateur
En un temps de profondes transformations culturelles, un temps d’angoisses communes et d’abus divers, que peut faire un évêque ? Au temps de l’humanisme, de la Renaissance et de la Réforme, Mgr François d’Estaing, le prélat de Rodez, fait partie de ceux, bien plus nombreux qu’on ne le pensait, qui ont pris à bras le corps les changements politiques, religieux et sociaux de leur temps, en se recentrant sur leur mission dans un monde changeant : vivre avec les fidèles, en résidant et en visitant, surveiller le clergé, construire une identité catholique nouvelle en écoutant les besoins des clercs et des fidèles, en embellissant les lieux de culte. Mort à la tâche en visitant à nouveau ses paroisses, il est très tôt considéré comme bienheureux par les Rouergats.
Vendredi 24 avril : Étienne HAMON, professeur d’histoire de l’art médiéval, Université de Lille : Le clocher de Rodez, reflet des débats sur le couronnement des tours de cathédrales au début du XVIe siècle
Depuis la vision idéale du Dictionnaire de Viollet-le-Duc jusqu’au projet de reconstruction mené actuellement à Saint-Denis, la flèche en pierre s’est imposée comme la métonymie de la cathédrale, après l’avoir sans doute été pour beaucoup d’hommes de la fin du Moyen Âge. La solide et ancienne notoriété du clocher de Rodez témoigne pourtant du succès de formes alternatives de couronnement. Après un tour d’horizon des divers programmes de clochers en France à l’orée du XVIe siècle, on se plongera dans l’un des débats les plus houleux que cette époque ait connu : celui sur la terminaison de la tour de Beurre de la cathédrale de Rouen, chantier dont les liens avec celui de Rodez sont avérés. Cette longue controverse nous éclaire, en effet, sur la manière dont un tel projet pouvait se construire au gré de modèles, parfois très anciens, montrés en exemples, et de projets graphiques destinés à convaincre. Plusieurs dessins spectaculaires de clochers flamboyants sont réapparus ces dernières années sur le marché de l’art français, sans toujours susciter l’intérêt qu’ils méritaient.
Vendredi 29 mai : Caroline de BARRAU, maître de conférences en histoire de l’art et archéologie du Moyen Age, Université de Perpignan Via Domitia : La sculpture rouergate entre Moyen Âge et Renaissance, l’épanouissement de la création artistique
En présentant, à travers un parcours visuel et historique où tradition et innovation se rencontrent, des œuvres parfois méconnues, cette conférence se propose de mettre en lumière l’évolution stylistique des sculptures du Rouergue, du langage symbolique médiéval à l’expression plus humaniste de la Renaissance. Les commandes religieuses, les mécènes et le contexte social jouent un rôle central dans l’essor de cette production. L’étude des matériaux, des techniques et des iconographies révèle une véritable effervescence créative concernant des édifices majeurs des villes principales (Rodez, Villefranche-de-Rouergue), mais aussi des églises paroissiales plus modestes ou encore les commandes privées. Ce panorama de la sculpture rouergate du XVe au XVIe siècle permet de mieux comprendre la transition entre deux mondes et l’affirmation d’un art en pleine maturité.
Vendredi 12 juin : Pierre LANÇON, bibliothécaire-archiviste de la Société des lettres de l’Aveyron et du Centre de documentation historique de Conques : Le clocher de la cathédrale de Rodez, un chef-d’œuvre de l’architecture, célébré à travers l’art et la littérature (XVIe-XIXe siècle)
Admiré et célébré, aussitôt sa reconstruction achevée en 1526, le clocher de la cathédrale de Rodez n’a cessé, depuis le XVIIe siècle, d’intriguer les visiteurs de passage, d’inspirer les artistes – plus ou moins célèbres (Rodin) et les écrivains. Du maréchal de Bassompierre qui, en 1629, le considérait comme le « plus beau de France » à l’auteur anonyme du fameux dicton (diffusé par l’imprimerie depuis 1620), l’assimilant à l’une des merveilles du Midi, nombreux sont ceux qui ont été impressionnés par sa masse altière et sa dentelle de pierre et qui ont choisi de l’immortaliser par le pinceau, la pointe du graveur ou l’objectif photographique, de le chanter par la plume, à travers des œuvres en vers ou en prose. En ce sens, le clocher de Rodez est un monument représentatif de l’identité rouergate. C’est à la (re)découverte, images à l’appui, de cette formidable épopée que cette conférence vous convie.
Vendredi 18 septembre : Christophe LAURAS, ancien président de l’association des Amis de la cathédrale de Rodez : L’ancien évêché de Rodez : histoire au long cours d’un palais dans la ville (XIIIe-XXIe siècle)
Il n’y a pas de cathédrale sans évêché : l’un implique l’autre et, souvent, l’un s’imbrique dans l’autre. Pourtant, plongé dans l’ombre de la cathédrale, l’évêché a longtemps été un impensé dans l’histoire de Rodez. À l’aube de modifications d’ampleur, nous souhaitons suivre son existence sur le temps long et aller au-delà de sa présence dans le seul quartier cathédral.
La maison épiscopale devenue palais au XVIIe siècle, et momentanément préfecture au début du XIXe siècle, a été un lieu de pouvoir, religieux et civil, mais aussi un lieu de monstration du pouvoir. Le plus souvent accepté, tel un symbole de l’alliance du trône et de l’autel, dans une cité fidèle à Dieu et au roi, l’évêché a aussi été le théâtre d’incidents dans les temps troublés des guerres de religion ou des révolutions. C’est la place du palais épiscopal dans le tissu urbain et dans le corps social ruthénois que cette conférence essaiera d’embrasser.
Vendredi 2 octobre : François ICHER, inspecteur d’académie honoraire, docteur en histoire : Relever Notre-Dame de Paris, voyage au pays des bâtisseurs
L’incendie du 15 avril 2019 qui a gravement endommagé Notre-Dame de Paris a engendré une mobilisation sans précédent pour relever la cathédrale dans les meilleurs délais. La conférence se propose de visiter ce chantier des temps modernes où patrimoines matériel et immatériel se conjuguent autour d’enjeux pluriels. En comparant la fabrique d’une cathédrale médiévale et le chantier de restauration de Notre-Dame, achevé en 2024, se dessinent alors les permanences et les évolutions dans les savoir-faire des métiers convoqués pour relever un monument toujours vivant et en constante évolution, depuis sa construction au XIIe siècle.
Du jour de l’incendie au jour de la consécration de la cathédrale restaurée, la conférence rend compte des principales étapes de ce « chantier du siècle ».
