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Jacques Bousquet, 1923-2019

Posté le : 10-12-2019 | Par : Valerie Foulquier | Dans : Historique

Jacques BOUSQUET

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Dans le laps de temps qui nous est imparti, il nous est impossible de rappeler convenablement la mémoire et l’extraordinaire activité intellectuelle de Jacques Bousquet, décédé, il y a quelques jours, à l’âge de 96 ans.

Nous tenterons, dans un avenir que nous espérons prochain, de lui rendre un hommage appuyé autant que mérité.

Contentons-nous de résumer, pour l’heure, une longue vie passée au service de l’histoire et de l’histoire de l’art de sa province d’origine.

Jacques Bousquet est né à Rodez en 1923 et a toujours manifesté un grand attachement à sa ville natale. Après des études secondaires au lycée Foch, il entre en hypocagne à Toulouse, et son premier parcours universitaire s’achève par l’obtention d’une licence d’histoire. En 1944, il rejoint la capitale pour préparer, au lycée Henri IV, l’entrée à l’Ecole des Chartes. Simple formalité pour lui ! Le brillant élève qu’il est intègre sans difficulté cette institution pour en ressortir Major. Sa thèse d’Ecole des Chartes, soutenue en 1948, portait sur le Breviari d’amor, de Matfré Ermengau.

Parallèlement, il suit les cours dispensés par l’Ecole du Louvre et s’intéresse tout particulièrement à la peinture du Grand Siècle. Une opportunité se présente à lui : intégrer la prestigieuse Ecole française de Rome. Il séjourne ainsi dans la capitale italienne de 1949 à 1950, focalisant ses recherches sur les peintres français présents à Rome au XVIIesiècle.

En 1948, il rejoint Rodez où l’attend le poste d’archiviste départemental, fonction qu’il occupera jusqu’en 1967, réalisant de nombreux inventaires détaillés de fonds d’archives, accueillant et guidant avec bienveillance l’ensemble des chercheurs.

A titre bénévole, il est également nommé conservateur du musée Denys-Puech, établissement alors plongé dans un profond sommeil… et dépourvu d’électricité. Profitant de ses nombreuses relations, il enrichit considérablement les collections de peinture de ce musée, organise dans le chef-lieu de nombreuses expositions artistiques, notamment celle des Madones du Rouergue en 1951.

La passion de la recherche ne le quittant pas, il poursuit, tel un moine bénédictin, des recherches poussées, aussi bien dans le domaine de l’histoire que de l’histoire de l’art.

Son objectif, en effet, est de rejoindre l’université et le monde de l’enseignement, ce qu’il fera en 1967. Une nouvelle fois, il mène de front une thèse d’histoire – qualifiée de « complémentaire » – portant sur les pouvoirs politiques (civils et religieux) en Rouergue du IXeau XIIIesiècle, et une thèse d’histoire de l’art consacrée à La sculpture à Conques aux XIeet XIIesiècles : essai de chronologie comparée. C’est en 1971 qu’il soutient celle-ci avec brio, et ce travail lui ouvre les portes de l’Université Paul-Valéry, à Montpellier, d’abord comme maître de conférences, puis comme professeur d’histoire de l’art médiéval. Jusqu’à son départ à la retraite, en 1986, il formera à son tour toute une génération d’historiens de l’art. Il choisit alors de revenir vivre à Rodez, avec son épouse Paulette.

 

Son attachement au Rouergue l’amène tout naturellement à rejoindre, dès 1942, la Société des lettres de l’Aveyron, plus précisément en tant que « membre à vie ». Il demeurera fidèle à notre association durant de longues décennies, lui léguant en particulier un important fonds documentaire, constitué notamment de ses Fragmentsde vie et autres Pensées(plusieurs dizaines de milliers de pages inédites…), de ses notes de travail, de ses notices sur l’histoire des différentes localités aveyronnaises, mais aussi de photographies relatives au patrimoine rouergat, sans oublier la correspondance entretenue avec ses parents durant la décennie 1940.

C’est au sein de notre institution ou dans les colonnes de la Revue du Rouerguequ’il prononça ou publia de très nombreuses communications ou études érudites (toutes accompagnées de notes conséquentes !). Nous en avons ainsi comptabilisé une trentaine dans les Procès-verbaux,lesMémoiresou les Etudes aveyronnaises, et près d’une cinquantaine dans la Revue du Rouergue. En 1992 et 1994, la Société des lettres de l’Aveyron prit également l’initiative de publier en deux volumes (soit 900 pages au total), dans la collection des Archives historiques du Rouergue, sa thèse complémentaire d’histoire, sous le titre Le Rouergue au premier Moyen Age. Ces ouvrages, très vite épuisés, sont devenus une référence incontournable pour les chercheurs.

Jacques Bousquet, par ailleurs, tenait à offrir à notre bibliothèque chacune des études qu’il publiait. Notre catalogue informatisé recense ainsi plus d’une centaine de références, autant de publications relatives à l’histoire et au patrimoine du Rouergue qu’il connaissait admirablement.

Parmi ses ouvrages majeurs, outre Le Rouergue au premier Moyen Age, nous citerons En Rouergue à travers le temps(1961), Enquête sur les commodités du Rouergue en1552(1969), Recherches sur le séjour des peintres français à Rome au XVIIesiècle(1980), Le musée des Beaux-Arts de Rodez de bout en bout (1988), sans oublier ses magistrales synthèses dans les ouvrages collectifs Histoire du Rouergue etHistoire de Rodez.

 

Nous conserverons de Jacques Bousquet le souvenir d’un homme dont le savoir et l’érudition forçaient l’admiration, faisant preuve d’une extrême rigueur dans ses recherches, savant doté qui plus est d’une prodigieuse mémoire. Il fut un maître pour toute une nouvelle génération d’historiens et d’historiens de l’art comme se plaisent à le rappeler certaines personnes présentes aujourd’hui dans cette salle.